Addiction

Evolution de la problématique (www.cliniquedujeu.be)

Le rapport au jeu débute par une rencontre. Rencontre entre une personne avec ses caractéristiques culturelles, familiales, psychologiques, avec un jeu particulier, dans des circonstances particulières (à un endroit précis, à un moment donné de l'existence...). On ne peut expliquer la mise en place d'une certaine dépendance par un seul facteur. Le cheminement vers un comportement problématique s'élabore progressivement et de manière insidieuse chez le joueur. Une première phase généralement décrite est la phase gagnante. Les premiers pas dans l'univers du jeu sont de l'ordre du divertissement, la personne prenant du plaisir à gagner et ...à perdre. Néanmoins, c'est cette sorte de jouissance ressentie lors des premiers gains qui va motiver le joueur à augmenter sa fréquence de jeu, afin de retrouver ces sensations agréables, excitantes. Les personnes les plus dépendantes expliquent souvent avoir gagné une grosse somme lors de leurs premières expériences.

Le gain initial est souvent considéré par le joueur comme le résultat de sa personnalité exceptionnelle, alors que les pertes sont considérées comme de la malchance.

Le jeu est considéré comme un passe-temps agréable. On gagne et on perd de temps à autre. On pense augmenter ses gains à l’avenir ou on essaie de rattraper les pertes.

La deuxième phase, dite « perdante », survient lorsque le joueur commence à perdre énormément et à s'endetter. Au début, celui-ci ne se rend pas compte de ce qu'il lui arrive, emporté par une passion qui se développe, par une recherche de plaisir qui masque les effets négatifs de son comportement.

Lorsque les problèmes financiers deviennent très importants, le danger réside alors dans la conviction que le jeu constitue le moyen le plus efficace pour rembourser ses dettes.

Certaines personnes décident alors d'arrêter de jouer, ou alors de façon très modérée. Alors que d'autres vont basculer dans la dépendance.

Le jeu n’est plus uniquement un passe-temps agréable. D’autres activités, telles que les relations sociales, sont négligées. On perd de l’argent. On recourt à l’emprunt pour pouvoir jouer d’avantage.

La troisième phase est celle dite de désespoir. L'individu dépendant continue à jouer bien qu'il sache que son comportement ne fait que l'enfoncer davantage dans des problèmes financiers, familiaux, et bien souvent aussi médicaux. Il ne peut contrôler son comportement. Souvent, il va montrer un comportement de déni : il va minimiser voire effacer une partie de la réalité. Par exemple, le joueur garde la conviction que le jeu va lui permettre de se refaire de ses innombrables dettes, alors que la réalité lui montre qu'au bout du compte, il perd toujours.

Le jeu devient une occupation à plein temps. On croit trouver la solution à ses problèmes de vie dans le jeu. Le jeu conduit à une dépendance qui s’installe progressivement et devient une obsession.

Le jeu pathologique (www.cliniquedujeu.be)

La question de savoir quelle est la limite entre le normal et le pathologique renvoie à un débat entre différentes écoles . Il semble néanmoins reconnu qu’une personne dite pathologique ne parvient plus à vivre de manière adéquate, équilibrée, avec son environnement. Les stratégies qu’elle a mises en place pour vivre en société ne sont plus efficaces, elle est débordée par ses problèmes psychologiques qui perturbent fortement ses relations sociales, et/ou professionnelles, et/ou familiales.

Dans le cadre des conduites à risque de dépendance, on distingue souvent le consommateur occasionnel et non problématique, de deux types de comportements considérés comme pathologiques : l’abus et la dépendance. Néanmoins, la frontière entre ces deux comportements n’est pas évidente à distinguer pour les comportements de jeu.

Chez le joueur dit pathologique, jouer est devenu le centre d’intérêt numéro 1 : l’obsession. Le côté passionnel, où amour et haine s’entremêlent, produisent les excès les plus destructeurs.

Jouer est devenu incontrôlable, et remplit un certain nombre de fonctions psychologiques qui ne sont pas toujours conscientes.

Le jeu pathologique est fréquemment associé aux troubles de l’humeur, de l’impulsivité, la dépressivité, la recherche de sensations, mais également aux comportements antisociaux et à la consommation de drogues, en particulier d’alcool.

Le jeu pathologique a été pour la première fois reconnu officiellement en 1977 lors de son introduction dans la Classification Internationale des Maladies (CIM). Selon le DSM-IV (American psychiatric Association, 1994), le jeu pathologique se définit comme suit : c’est une pratique inadaptée, persistante et répétée du jeu, comme en témoignent au moins cinq manifestations parmi les suivantes :